La vie extraordinaire des gens ordinaires (nouvelles et poésies)

ISBN 979-10-95586-00-5

Ce livre est à ce jour mon best seller ! C'est toujours le public qui choisit... Réédition en 2015 avec trois inédits...

La vie extraordinaire des gens ordinaires 1iere couverture

LE COMPAGNON

On dit que les bossus ont le cœur si lourd qu’ils en courbent l’échine. Le mien comme un boulet, se traîne et me traîne inlassablement à ta recherche.

Ce matin est une aube nouvelle. Pareille aux autres. Elle doit m’emmener vers toi, vers ta beauté, vers cette grâce que seul le ciel peut se louer de répandre. Mélange de feu et de douceur.

Je me lève en quelques gestes. Lourds. L’odeur du bois humide m’agresse et me caresse à la fois. Le déjeuner est léger comme l’air de ce matin de juillet.

J’ai toujours le même pull à me mettre, le même pantalon, les mêmes chaussures.

La ville est encore endormie. Lointaine, rêveuse.

Le premier bus pour le sud doit passer avant huit heures. Je ferme mon sac. Je me doucherai ce soir.

Le patron de l’hôtel est déjà debout. Il a la mine de ces gens que la vie ennuie. Fatigué de tout. Il me souhaite une bonne journée. Comme si les journées loin de toi pouvaient être bonnes.

Le trottoir est vide. Une brise légère balaye quelques bouts de papier. Un couvercle de poubelle qui roule sur le sol met un peu de musique au décor.

Je marche le long d’un pâté de maisons à la recherche de la énième gare routière.

Elle est là. Qui me tend les bras. Qui me tend tes bras.

Le bus est minable. Le voyage doit durer sept heures. Comme tous les jours, je vais m’installer sur la banquette du fond les yeux rivés sur des paysages qui défilent, les yeux perdus dans de sombres rêves imbéciles.

Comme tous les jours je vais me casser les reins sur cette banquette et comme tous les jours je vais me maudire.

On est quatre dans le bus. Une mamie, les cheveux gris, avec de la nourriture dans son cabas, qui doit rendre visite à son fils ou sa fille avec des bons produits de la maison.

Un monsieur avec un chapeau melon qui lit son journal page après page pour tuer le temps.

Et puis une jeune fille. Elle a un peu tes yeux, elle a un peu ton chignon et les cheveux noirs comme toi. Elle est un peu comme toi, mais elle n’a pas ce je-ne-sais-quoi qui fait qu’il n’y a que toi.

Des souvenirs se raniment dans ma tête. Je me souviens de ton rire, de tes moues, de tes jambes, de tes seins. Je me souviens aussi comme toujours de cette maudite journée où tu as pris tes cliques et tes claques. Je revois ta valise, ton chandail, ta colère et les jurons que tu poussais. Cette image me donne la nausée. 

À moins que ce ne soit le bus. La route est longue. La chaleur commence à nous envahir et quelques odeurs nauséabondes de transpiration nous rappellent que le sud n’est plus très loin.

Tu es partie sur un malentendu. Tu m’as dit que tu rejoignais les tiens. Que ta vie était sur la route. Que tu n’aurais jamais dû t‘arrêter auprès de moi. Que j’étais comme les autres. Tu m’as dit aussi qu’il fallait que je te prouve mon amour.

Alors maintenant j’ai l’impression de vivre un apprentissage. J’ai l’impression d’être un compagnon qui fait son tour de France et qui apprend son métier. Un compagnon, ville après ville, qui apprend à t’aimer.

J’ai tout laissé. Mon travail, ma famille et mes amis pour partir à ta recherche. Quelque part sur la route avec les tiens.

Ce soir encore j’irai courir les cafés, les hôtels, les auberges de jeunesse et les mairies avec ta photo. C’est tout ce que j’ai de toi.

Et puis ton prénom. Et puis ton parfum au fond de mes narines, de mon cœur, de mon âme, de mes tripes mais ça, je ne peux pas le partager, je ne peux pas le montrer.

Ce soir encore, peut-être, j’arriverai un peu tard. Ce soir encore toi et les tiens vous serez passés quelques jours avant pour un spectacle de rue. Ce soir encore on me dira : « je crois qu’ils sont partis vers telle ou telle ville » ou bien encore « je crois qu’ils ont dit qu’ils allaient vers le sud ».

Mais un jour je te rattraperai. J’en suis sûr. Un jour je serai dans la rue à te regarder, à boire tes gestes et tes paroles, à sentir mon cœur exploser de la joie de te revoir. Seule ou dans les bras d’un autre. Peu importe. Je serai là et tu me verras. Et …

Le bus arrive. C’est la fin du voyage et c’est le début d’une nouvelle étape.

Je descends et récupère mon sac dans la soute à bagages. Il fait une chaleur étouffante et la gare semble abandonnée. La ville n’a pas l’air bien grande. J’ai peur. J’ai peur d’en faire vite le tour. J’ai peur de ne pas te trouver.

J’ai peur mais j’avance quand même. Car tant que j’avance, j’ai l’impression de te suivre.

Alors j’y vais, moi … le compagnon de l’amour. 

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LE VIEIL HOMME QUI PICOLE

 

Il pousse les bols de lait

Vers le milieu de la table

Se saisit d'un gobelt

Avant d'entamer sa fable,

Les enfants émerveillés

Délestés de leur cartable

Les yeux grands équarquillés

Devant le goûter s'attablment,

 

Il narre ses aventures

De preux marin solitaire

Ses accidents de voitures

Ses bagarres légendaires,

Il soulève haut son poing

Fait semblant d’être méchant

Se ressert un peu de vin

Sous les vivats des enfants,

 

Il raconte des histoires

En trinquant à chaque verre

Il raconte son histoire

Agrémentée de mystère…

 

Puis il sourcille des yeux

Tandis que les mots s’égrainent

Et se perdent peu à peu

Dans ses années de bohême,

Quand le vin lui fait défaut

Au fond de son écuelle

Il s’effondre en un sanglot

Et commence à parler d’elle…

 

Il déblatère une histoire

En sirotant dans son verre

Il raconte son histoire

La voix brisée par l’amer…

 

Puis il part dans des délires

Que les chenapans délaissent

Qui les font juste sourire

Comme on rit d’une faiblesse,

Dans une plainte il se lève

Et s’avachit sur son lit

Pour se noyer dans des rêves

Aux effluves d’asthénie,

 

Il s’enfuit dans une histoire

Où le vin emplit les verres

Il se dérobe à l’histoire

D’une belle au cœur de pierre.

 

Reste le soir pour décor

Quelques verres sur la table

L’homme qui respire fort

L’écho d’une triste fable,

Mais les enfants reviendront

Demain, juste après l’école

Ecouter leur compagnon

Le vieil homme qui picole…

 

Leur raconter une histoire

En sirotant dans son verre

Leur raconter son histoire

En occultant sa misère.

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LA FILLE FACILE

  
C'est une fille
Un peu fragile
Un peu docile
Un peu facile,
Donnant ses heures
A des garçons
Qu'ont pas de cœur
Plutôt des blonds.
C'est une fille
Un peu fragile
Les bas qui filent
Qui peint ses cils
Pour des flambeurs
Qu'ont pas le rond
Des crève-cœur
Des trublions.
 
C'est une fille
Un peu glamour
Les cheveux courts
Et les seins lourds
Donnant son cœur
Facilement
Comme du bonheur
Comme du printemps.
C'est une fille
Un peu glamour
Aux grands amours
Qui tournent court
Qui perd son cœur
Pour des amants
Pour des menteurs
Des mécréants.
 
C'est une fille
Un peu perdue
Un peu têtue
Si peu vêtue
La jolie fleur
Qui vous répand
Sa bonne humeur
Et son encens.
C'est une fille
Un peu perdue
Qui s'offre nue
A des intrus
Donnant son cœur
Tout simplement
Au vent des pleurs
Et des tourments.
 
C'est une fille
Bien trop jolie
Qui donne envie
Dit toujours oui
A des voleurs
A des amants
Prenant son cœur
Puis les devants.
C'est une fille
Bien trop jolie
Qui joue sa vie
Au fond d'un lit
Entre deux leurres
Qui simplement 
Veut le bonheur
Comme une enfant.
 
Pour commander :
 

Sur la boutique du site ( si vous voulez la dédicace)

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Ou bien à la librairie "La Machine à Lire" à Bordeaux :

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