Ma muse est revenue (Nouvelles et Poésies)

Ma Muse Est Revenue, ISBN 979-10-95586-07-4

Extraits de MA MUSE EST REVENUE, recueil de nouvelles et poésies particulièrement travaillé en milieu scolaire.

J'y joue beaucoup avec les mots. Pour le commander, cliquez sur l'image ---- > Ma muse 1iere de couverture   

 

S.D.F

Sans Domicile Fixe

Sans Défense ni Force

Si Désenchanté et Fatigué,

Sans Domicile Fixe

Sans Demeure ni Famille

Si Déshonoré Fatalement.

 

Sans Domicile Fixe

Sans Dignité ni Fierté

Si Déficient et Frêle,

Sans Domicile Fixe

Sans Droit ni Faveur

Si Démuni Financièrement.

 

Sans Domicile Fixe

Sans Débouché ni Futur

Si Dépité Forcément,

 

Sans Domicile Fixe

Si Différemment Français

Si Discriminé Finalement.

 

Et d’autres

Si Démagogues et Fortunés,

Et nous autres

Si inDiFférents !

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LE POEME DU MAçON

J’ai d’abord commencé par les fondations.

Car sans fondations

Sans idées de narration

Un poème n’est rien.

 

Puis j’ai bâti des murs avec de l’eau

Du sable et des mots,

En choisissant les plus gros

En choisissant les plus beaux.

Des murs

Avec des rimes et des phrases,

Des murs

Avec déprimes et emphases.

 

Au beau milieu de ces murs

J’ai créé des ouvertures

Pour que vagabonde mon esprit

Pour que s’aère ma poésie.

 

Puis j’y ai posé un toit

Avec un peu d’émoi

Avec beaucoup de moi;

Un toit d’amour

Comme toujours

Car sans amour

Un poème ne sert à rien.

 

J’ai ensuite monté des cloisons

Selon mon inspiration,

Des portes et des plafonds

En guise de ponctuation.

 

Enfin est venue l’heure

De faire appel au décorateur,

Pour qu’il se charge des finitions

Pour qu’il accorde mes allitérations

Pour qu’il colore mes tournures

Et qu’il maquille mes ratures.

 

Bref,

Pour qu’il transforme mon buvard

En un poème selon les règles de l’art !

En un poème dont on dira

« J’aurais aimé qu’il soit de moi ».

 

Ainsi mon poème fut terminé.

Fruit de mes idées, de mes désirs,

Fruit de ténacité et de plaisir.

 

J’y ai pendu la crémaillère

Entouré de tous mes amis.

Et nous avons bu quelques vers

Quelques bons vers de poésie.

 

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LE VENDEUR DE CROISSANTS

09 H 15.
Qui ose donc à une heure si matinale taper à ma porte ? Quels sont donc ces coups qui m’agressent de la sorte ?
Je me lève. Avec toutes les peines du monde. J’enfile mes sandales et mon peignoir. Le petit matin perce à travers les volets de la chambre. Un petit matin qui semble baigner dans le soleil. Je jette un coup d’œil rapide au réveil. Neuf heures quinze. 
La soirée a été longue, très longue. Joyeuse, arrosée, mais … beaucoup trop longue. Encore une fois je n’ai pas su être raisonnable. Encore une fois, malgré une tartine de bonnes résolutions, je me suis laissé emporter par l’ambiance, influencer par les copains. Facilement, docilement. Ce doit être dans mes gènes ! Merci papa !
Tout en me dirigeant vers la porte d’entrée, dans un effort surhumain je fais un difficile exercice de calcul mental. Neuf moins six égale trois ! Il y a donc seulement trois heures quinze que je suis couché. Pas étonnant que le réveil soit si laborieux.
Mes pieds se traînent dans le couloir. Ma bouche est pâteuse. Le bon Dieu doit taper sur mes neurones de toutes ses forces pour me punir. Un étau m’enserre le crâne avec une violence inouïe.
Trois coups secs résonnent à nouveau.
- « Voilà, voilà, j’arrive »
Ma voix est éraillée. Caverneuse. Chargée de mes abus d’alcools et de cigarettes. Je me racle la gorge et j’ouvre enfin.
Un drôle de gars se tient devant moi. Debout, légèrement appuyé sur le papier peint jauni de la cage d’escalier. Il se présente rapidement avec un accent marqué.
-   « Bonjour monsieur. J’ai pas de travail monsieur. J’ai deux enfants en bas âge et je suis pâtissier de formation. J’ai un peu dérapé à une période de ma vie alors pour m’en sortir, je vends des croissants que je fais moi-même. Si vous en voulez… ».
Il dit cela en me présentant une douzaine de croissants dans un panier en osier dont le fond est recouvert de papier journal. Je regarde ce drôle de gars sorti de je ne sais où. Peut-être d’une chanson de Charlélie Couture. Je suis incapable de lui donner un âge. Quarante ? Cinquante ? Ses habits sont de circonstance : sombres, sales et usés. Il se dégage de lui une impression de profonde misère. Il n’est pas rasé, ses yeux sont rougis par la fatigue et sa dentition est en très mauvais état. Il mesure à peine un mètre soixante, il est frêle comme un mât de bateau. Machinalement je lui souris. Par pitié, par compassion. Ses mots m’arrachent peu à peu de ma torpeur. Un bâillement bien involontaire s’échappe de ma bouche. Je me dis que ce gars-là doit être aidé. Je lui demande de patienter quelques secondes le temps de trouver un peu de monnaie.
-       « Combien le croissant ? 
-      Un euro monsieur. C’est pour m’en sortir monsieur. »
Je lui tends une pièce de deux euros.
-       « Allez, donnez-m’en deux.
-       Merci beaucoup monsieur. Merci vraiment. Du fond du cœur. Vous savez, j’espère m’en sortir bientôt et donner une bonne éducation à mes enfants. »
Il me tend deux croissants. Je n’ai pas envie, même si cet homme mérite sûrement un peu plus d’humanité, de discuter plus longuement. Il se retourne et me salue en abordant les escaliers.
-       « Au revoir monsieur. Et encore merci monsieur.
-        Au revoir. Bon courage. »

LA SUITE DANS... MA MUSE EST REVENUE 

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 LES MOTS

Je n'aime pas les mots roses
Et leur mine renfrognée
Je n'aime pas les mots cultes
Et leur besoin de piété,

Je n'aime pas les mots rues
Qui se pêchent à moisson,
Je n'aime pas les mots dits
Inspirés par nos démons,

Je n'aime pas les mots rage
Que l'on crie dans un éclair
Ni même les mots posés
Sur des discours trop amers.

Non, ce que j'aime moi,
Ce sont :
Les mots lierre
Qui s'agrippent à nos chimères
à nos proses imaginaires,

Les mots coeur
Qui s'offrent avec une fleur
Que l'on raille avec bonheur,

Les mots passants
Que murmurent les amants
Sous les feux de la Saint-Jean,

Les mots tus
Sis à nos bouches cousues
Et tout plein de retenue,

Et surtout
Ce que j'aime plus que tout
Ce sont :
Les mots d'elle,
Qui se posent en modèle
De notre amour éternel.

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COMMENT JE SUIS DEVENU FIDELE

ça faisait bien quatre ou cinq heures que je dormais. J'étais dans ce qu'on appelle le sommeil profond. En plein rêve. En plein paradis. Je mangeais en tête-à-tête avec Sophie Marceau au restaurant. Nous étions seuls. Tout le personnel était à notre service. Elle me dévorait des yeux et moi je dévorais son corsage en même temps que ma salade landaise. Et puis, entre la lotte et le dessert, elle posai sa main sur mon épaule pour la caresser. Doucement au début, tout doucement, puis avec de plus en plus de fougue. C'était sa façon de m'exprimer toute l'admiration et tout l'amour qu'elle avait pour moi.
C'est à ce moment-là que je me suis réveillé.
Au pied de mon lit, planté droit comme un i, se trouvait un grand monsieur : les cheveux noirs, le teint pâle, les joues creusées comme fatigué d'un long voyage, une cape noire sur le dos, une faux en bandoulière et un cahier à spirale dans la main. Un grand monsieur qui ressemblait à s'y méprendre au cliché d'un mauvais film ou d'une mauvaise histoire que j''aurais pu écrire. Son autre main était posée sur mon épaule et me secouait vivement pour me réveiller.
- Laurent, Laurent, réveille-toi ! C'est l'heure.
J'ouvris les yeux surpris et affolé. Je le distinguai dans la pénombre en me redressant sur le lit. Mon coeur battait telle la grosse caisse d'un orchestre militaire. Fort. Très fort. Trop fort.
- Quoi ? Qu'est-ce-que c'est ? Qu'est-ce-qui se passe ?
- Réveille-toi Laurent, c'est l'heure !
- Mais l'heure de quoi ? Et d'abord qui êtes-vous ?
- C'est l'heure de partir ! Ton heure est arrivée. Je suis la Mort, je suis venue te chercher.
- Quoi ?
- Je te dis que je suis la Mort. C'est Dieu qui m'envoie te chercher.
- C'est une plaisanterie ?
- Non, c'est très sérieux. Ton coeur va lâcher dans quelques minutes. Ton âme doit me suivre.
... 
LA SUITE DANS... MA MUSE EST REVENUE 
 

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Commentaires (1)

Lagarde Marie-Pierre
  • 1. Lagarde Marie-Pierre | 28/04/2015

Bonjour Laurent,
J'ai bien eu votre message et …beaucoup aimé vos textes.
Je suis comédienne et ai fait beaucoup de lectures lors des signatures en librairie, ou en bibliothèque .
Si vous avez envie que vos textes soient lus à voix haute lors d'une séance de dédicace en librairie par exemple, je serai ravie de le faire, même si vous n'avez pas d'argent….Je fabriquerai peut-être quelques biscuits en forme de croissants de lune que je mettrai au fond d'un panier …. à défaut de savoir faire de vrais croissants…
Bonne continuation , belles lettres , bons mots et que l'humour vous garde!
Marie-Pierre Lagarde

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